En examinant par IRM le cerveau d’enfants à risque de développer des troubles du spectre autistique, des chercheurs pensent avoir trouvé un marqueur cérébral permettant de les dépister dès l’âge de 1 an.

Détecter des troubles du spectre autistique n’est aujourd’hui possible qu’à partir de la deuxième année de l’enfant. Le diagnostic repose en effet sur le repérage d’un certain nombres de signes comportementaux difficilement interprétables avant : développement du langage, de la motricité, comportements extrêmes ou répétitifs… Mais plusieurs équipes à travers le monde travaillent à l’identification de marqueurs cérébraux permettant de caractériser un autisme à partir d’une observation directe du cerveau. L’objectif étant notamment de pouvoir dépister ces troubles le plus tôt possible afin d’adapter au plus vite le cadre dans lequel l’enfant se développera.

80% de succès à la « prédiction »

Dans cette optique, une équipe américaine vient de publier dans Nature des travaux démontrant la possibilité de se servir de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour détecter l’autisme chez des enfants âgés d’à peine 1 an. Tout du moins chez les membres d’une fratrie dont au moins un membre est déjà touché par des troubles du spectre autistique (TSA). L’implication de facteurs génétiques dans la survenue de l’autisme fait que les frères et sœurs d’un enfant touché sont plus à risque. Les chercheurs de l’université de Washington et de l’université de Caroline du Nord (États-Unis) ont ainsi obtenu des résultats encourageants — 80% de succès à la « prédiction » — auprès d’une centaine d’enfants testés.

Plus précisément, 106 enfants à risque, issus d’une fratrie avec au moins un cas d’autisme, et 42 sans sur-risque identifié ont été inclus à l’étude. Tous ont été suivis et soumis à des observations du cerveau par IRM à l’âge de 6, 12 et 24 mois. Grâce à des mesures de la surface et du volume du cerveau ainsi que de l’épaisseur du cortex, les chercheurs ont constaté que les enfants qui deviendraient autistes présentaient une hyper-extension de la surface du cerveau entre 6 et 12 mois. Une augmentation absente chez les enfants ayant des frères et sœurs autistes qui n’ont pas développé la maladie.

Pour les chercheurs, « ces observations démontrent que des modifications précoces du cerveau surviennent durant la période où les premiers comportements autistiques émergent ». Une telle découverte est d’importance, car adapter la communication avec les enfants autistes permet de limiter la sévérité des symptômes.

 

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Visualisation par IRM d’un cerveau d’un enfant atteint de troubles du spectre autistique.
Heather Cody Hazlett / Nature

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SOURCE :  Science et Avenir

 

 

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